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Jours de guerre
30 avril 2014, par b-sider

JOURS DE GUERRE 1914-1918
120 Photographies du journal Excelsior
Exposition du 21 mai au 22 juin 2014

Dès sa naissance, la photographie a été perçue comme un nouveau moyen de voir le monde. L’exactitude et la netteté fustigées par ses adversaires (sa « trivialité », sa « laideur ») sont ses qualités esthétiques essentielles et la base de son utilité documentaire. C’est donc naturellement qu’elle est utilisée peu de temps après sa naissance pour documenter la guerre. On a notamment en tête les destructions et les cadavres de la guerre de sécession photographiée crûment par les Américains à partir de 1861. Toutefois, c’est avec la guerre de 14-18 que la photographie joue un rôle important pour la première fois. Elle est utilisée par les armées en photographie aérienne pour préparer les champs de bataille, et surtout, elle s’impose irrémédiablement dans la presse illustrée. L’Illustration, le Miroir et surtout l’Excelior, sont les fruits d’une avancée technologique et de sa fabrication industrielle : les plaques de verre au gélatino-bromure. Prêtes à l’emploi, suffisamment sensibles pour réaliser des instantanés, ce sont elles que les premiers « photo-reporter » de l’Excelsior vont employer pour illustrer chaque jour par une vingtaine de reproductions, la vie au front, la vie quotidienne et le fameux effort de guerre patriotique. Il faut dire que c’est aussi un formidable outil de propagande. Au-delà de l’interdiction formelle de reproduire des photographies de cadavre, on utilise la photographie, toujours accompagnée d’un texte pour s’assurer d’annihiler tout double sens, pour montrer « le vrai », l’horreur de l’autre et la justesse du combat.
Dans les prémices du « photojournalisme » on en perçoit déjà les limites. C’est aussi là que réside la difficulté de l’utilisation contemporaine d’une collection de photographies et le sens que l’on veut leur donner. Elle est exprimée assez justement par David Wooters archiviste à la George Eastman House Collection (musée de la photographie Kodak à Rochester N.Y.S) « Ranger les photographies dans des cases peut peser, plus que les photographies elles-mêmes, sur l’utilisation qui en sera faite. Car les photographies finissent par être perçues comme une collection de noms et non plus comme une collection de photographies. Cela est fort regrettable car les clichés eux-mêmes excèdent leur sujet, et leur signification riche et profonde ne peut être totalement englobée dans de simples mots. » [1]

72195-58 - Guerre 1914-1918.
"Les nouveaux métiers des femmes depuis la guerre" : Automobiliste. Paris, juin 1917.
© Excelsior – L’Equipe / Roger-Viollet

En savoir +

Du 21 mai au 22 juin 2014, la Parisienne de Photographie présente à l’Orangerie du Luxembourg une exposition exceptionnelle qui retrace en 120 photographies grand format la vie des Français durant la Première guerre mondiale. Ce projet, tout comme le livre Jours de guerre 1914-1918 (éditions Les Arènes 2013) dont il est le prolongement, a vu le jour grâce à la numérisation récente du fonds photographique d’Excelsior, quotidien parisien édité entre 1910 et 1940.

Exposition à l’Orangerie du Sénat, Jardin du Luxembourg, Accès porte Férou, 19 bis rue de Vaugirard, 75006 Paris.
Du 21 mai au 22 juin 2014, du mardi au dimanche 10h-19h Entrée libre et gratuite.

[1] in Histoire de la photographie, de 1839 à nos jours, The George Eastman House Collection, Taschen 2012.