Share |

mots-clés

livres

photographie documentaire

articles connexes

art documentaire ?

autochrome A1807

ceux qui aiment les lundi

Ensembles, Hortense Soichet

höfer

looking at atget

paysages extranaturels ?

ponte city

quelles vies !

robert adams, l’endroit où nous vivons.

S.O.S. Save Our Souls
29 septembre 2014, par b-sider

La mer est sublime. Mélange de beauté et d’effroi elle nous fascine. Ceux qui en vivent et en meurt, les marins, nous les respectons. Alors on pense à Chateaubriand, qui faisant route en 1822 vers les Amériques nous livre ses mémoires d’outre-tombe : « Le matelot ne sait où la mort le surprendra, à quel bord il laissera sa vie : peut-être, quand il aura mêlé au vent son dernier soupir, sera-t-il lancé au sein des flots (.). » Ou à Turner qui en 1841 se fait attaché au mat d’un navire pour éprouver les sensations qui lui permettront de peindre « Tempête de neige. Un vapeur, au large de l’entrée d’un port, faisant des signaux en eau peu profonde et avançant à la sonde ».
Mais voilà, chaque année, des bateaux de pêche vont à la casse et de moins en moins de marins pêcheurs prennent la mer. Rien de sublime ici. Plutôt une réalité crue au ras du quotidien des quais et des cales. C’est là que la photographie peut intervenir, tout à son aise, dans les recoins du réel. Et, c’est précisément là que Caroline Pottier nous embarquent, dans une oeuvre qui pendant 3 ans a alterné les portraits des hommes et des femmes à terre, les paysages des bords de quai et des prises de vue en mer.
S.O.S c’est un cri presque inaudible. Les photographies de Caroline Pottier sont justes et sensible lorsqu’elle reste à terre, à l’écoute de cette sourde colère. Car ce qui relie le monde des marins au notre ce sont les changements dans leurs vies et leurs paysages qu’opèrent les mutations économiques et sociales. C’est bien sur ce terrain que la photographie documentaire sociale doit se placer ( pour restituer ce mouvement dans l’histoire de la photographie on pourra revoir Fish Story d’Allan Sekula).
Caroline Pottier aborde aussi le travail qui en mer persiste malgré tout à exister. Cela permet sans doute de ne pas figer l’abandon des marins dans une mélancolie mortifère. Si le temps de l’abandon peut cohabiter avec celui plus fluide des hommes au travail dans une mise en scène d’exposition, leur alternance au fil des pages est moins habile. Ce manque de choix n’altère pourtant pas tout l’intérêt que l’on pourra porter à cette publication.

Hervé Dez

S.O.S.
Save Our Souls
Photographies
Caroline Pottier / le bar Floréal
Textes
Bertrand Belin, Vincent Giovanonni et Christine Guézou
Éditions CREAPHIS / Collection Foto
25 euros