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Un vendredi soir au club vidéo
30 octobre 2012, par b-sider

Un essai interactif de :
Cédric Chabuel et Alexandra Viau
production :
ONF et Le Devoir
développement web :
Deux huit huit

http://clubvideo.onf.ca/

Entre le cinéma et l’image fixe, l’image animée.

L’ONF (Office National du Film du Canada) nous habitue depuis quelques années à produire des objets documentaires avec le souci d’une utilisation purement web. « un vendredi soir au club vidéo » coréalisé avec la rédaction du « Devoir » fait partie de cette histoire des nouvelles écritures.

Dès lors qu’il s’agit d’utiliser uniquement des photographies dans un essai interactif, l’envie des réalisateurs de dynamiser l’image, dégouline tout à coup sur les écrans de nos ordinateurs ; comme si l’image fixe ne se suffisait plus à elle-même lorsque le son donne un champs (ou un hors champs) poétique ou informatif supplémentaire. Les diaporamas dynamiques se transforment alors en long travelling, en "zooming", qui au lieu de nous faire entrer dans l’image comme semble être leur fonction première, nous en font irrémédiablement sortir en affirmant un point de vue totalement extérieur, celui d’une caméra balayant une image fixe.
Dans « un vendredi soir au club vidéo » les réalisateurs n’ont rien inventé. Les 5 parties (5 vidéo club du Québec) de cet essai finalement peu interactif, sont constituées de diaporamas assez classiques avec fondus enchaînés rapides. A un détail près : de temps à autres, nous sommes confrontés à un petit jeu visuel sporadique et discret, mis en scène par l’utilisation de photographies animés, ou de mini « stop motion ».

Ce procédé n’a rien de nouveau, en 1899, Eugène Trutat publiait (déjà) un livre qui en retraçait l’histoire. Ceux qui ont vécu dans les années 80 se souviendront aussi du clip en stop motion de Peter Gabriel réalisé par Stephen R. Johnson (9 MTV Video Music Awards en 1987).
Pourtant cette utilisation exclusivement écranique de la photographie apporte plus qu’un rafraîchissant moment visuel. Non seulement elle ne nous fait pas sortir de l’image comme le font les travellings et les zoomings, mais au contraire elle nous entraîne dans l’image, dans l’entre-deux de l’image fixe. Alors que les films réalisés entièrement en stop motion jouent uniquement sur l’irréalité de la succession d’images fixes dans des situations souvent gaguesques, la photographie animée introduite par effraction au milieu du diaporama semble au contraire impliquer un regard plus soutenu sur un « énoncé de réalité » certes décalé, mais tout à coup plus présent.
Comme toujours, c’est bien une utilisation mesurée d’un effet qui apporte un supplément. Dès qu’il s’agira d’en faire un maniérisme, alors, les récepteurs gavés d’images ressentiront de nouveau une grande lassitude.

Hervé Dez

voir Vendredi soir au vidéo club

En savoir plus :

Un article de Catherine Perreault du 16 octobre 2012

http://blogue.onf.ca/2012/10/16/un-...

interview des auteurs :

http://www.youtube.com/watch?v=n0ql...