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festivals

arles in black
14 juin 2013, par b-sider

Expositions du 1er juillet au 22 septembre 2013

http://www.rencontres-arles.com/A11/Home

Chaque été, la programmation des rencontres photographiques d’Arles représentent un vrai casse-tête et une certaine frustration pour les milliers de festivaliers et de touristes : quel que soit le titre, l’éclectisme, nommé élégamment « libération des genres », est revendiqué. Alors, que choisir parmi la cinquantaine d’expositions ? Privilégier les photographes connus ? Les découvertes ? Les expositions gratuites ?


© John Davies
Station Elf, Autoroute A26, Nord-Pas-de-Calais, 1988. Avec l’aimable autorisation du Centre régional de la photographie, Nord-Pas-de-Calais.

Arles in Black, le titre, fait référence au noir et blanc (donc surtout aux gris). Est-ce aussi un deuil ? En janvier 2012 Kodak s’est déclaré en faillite. En dix ans, toutes les pratiques de la photographie ont été profondément bouleversées par le numérique. Dans le même temps, les applications pour faire des fausses « vieilles photos » avec son smartphone pullulent. Hubert Damisch dans la préface du livre de Rosalind Kraus (Le photographique, éd. Macula) de 1990, pressentait que les notions « d’authenticité » et « d’originalité » des tirages d’époque étaient déjà un retour de « l’aura » de l’œuvre d’art traditionnelle. Alors de quoi s’agit-il ? On nous affirme que ce n’est pas un ultime conservatisme mais d’un cycle. Est-ce qu’il n’y aurait pas une opposition artificielle et stérile entre une certaine « vraie » photographie et son ersatz numérique ? Si l’on considère, encore une fois, que ce que nous satisfait dans la contemplation d’une photographie c’est bien l’altérité ressentie par les décalages opérés sur le réel, après tout, peut importe les techniques employées.

Pour voir du noir et blanc, autant commencer par le meilleur de l’authentique, celui de belle époque de Jacques-Henri Lartigue. On pourra continuer avec la poésie documentaire de Larrain où la photographie directe de John Davies, puis on s’interrogera sur la fabrique des images avec Bourdin pour finir avec un mélange de couleurs et noir et blanc du projet Franco-Sud-Africain « transition ».