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festivals

les boutographies
29 avril 2014, par b-sider

Du 17 mai au 1er juin 2014
Pavillon Populaire Esplanade Charles De Gaulle
Montpellier

http://bsides.eu/@boutographies@

Les rencontres photographiques de Montpellier exposent pour la 14 ième année les photographies de jeunes auteurs européens.
Sur les 14 photographes exposés cette année dans la sélection officielle, tous ont réalisé des études supérieures et 13 ont un diplôme d’une école d’art.
Qu’est-ce que cela nous dit sur la photographie ?
On voit que le mouvement de légitimation de la photographie commencée au début des années 80 s’est prolongé par une institutionnalisation d’envergure. Il convient de s’en méfier : un anachronique académisme photographique n’est-il pas en train de voir le jour ? Sur les conditions de l’enseignement de l’art on pourra toujours se référer à l’excellent livre édité par l’ENSBA intitulé « peut-on enseigner l’art ? ».
La volonté du jury de montrer la diversité de la création photographique contemporaine n’échappe donc pas à la critique déjà ancienne sur un art institutionnel conciliant qui deviendrait décoratif. C’est cette critique que Swen Renault aborde avec malice dans « killing Becher ».Si ce clin d’œil montre que les organisateurs sont conscients du problème, il ne s’adresse pourtant qu’à un public d’avertis (une caste ?). « Museum of your memory » d’Ulrike Schmitz est peut-être plus universellement sensible. En utilisant des photogrammes fait à partir de films mélangés à des images qu’elle a réalisées, sa série questionne le rapport à la mémoire du dispositif photographique et dans le même temps fait écho à la construction personnelle et collective de notre musée visuel.
La matière dont sont faites les photographies de « Blue, see » de Titus Simoens, les éléments fragiles du visible et le simple rayonnement des êtres humains qui occupent l’espace du cadre, permet d’entrer plus directement dans ce qui fait la force d’un image photographique au delà des discours : l’interrogation sur ce qui est autre que nous, sur nos relations avec l’extérieur et les moyens de le connaître et de l’accepter.

KILLING BECHER, SWEN RENAULT
« Icônes d’un mouvement puissant de redéfinition des fonctions de la photographie, puis d’un dogme archi-copié, parfois mal compris et mal interprété, ces monuments de l’histoire du jeune art photographique attendaient patiemment qu’un attentat humoristique et irrévérencieux viennent enfin les faire vaciller sur leur piédestal. »

MUSEUM OF YOUR MEMORY,ULRIKE SCHMITZ.
« En octobre 1946, plusieurs milliers de spécialistes allemands de l’industrie aéronautique furent déplacés de force en Union Soviétique, pour y travailler au service de l’aviation locale. Ce dispositif faisait partie des réparations exigées de l’Allemagne après la deuxième guerre mondiale. Les déplacés vécurent avec leurs familles près de Moscou pendant de longues années, avant de pouvoir rentrer chez eux. Certains n’y sont jamais retournés. Mes grands parents vécurent pendant huit ans, avec leurs quatre enfants, dans le village de Podherezye. Je suis partie à la recherche de leur mémoire. »

BLUE,SEE, TITUS SIMOENS
« Je m’intéresse surtout à la relation que les gens entretiennent avec leur milieu de vie et leur environnement. Leur langage du corps, leurs gestes, ne cessent de me fasciner. »