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mécénat ?
23 septembre 2010

Jusque dans les années 90, c’est en France que les dépenses publiques pour le financement de la culture ont été les plus élevées, relativement à la population. L’idée dominante soutenue par les pouvoirs publics depuis 2002 est celle d’un désengagement de l’état au profit du mécénat d’entreprise et des fondations. Chiche ! Spéculons qu’une partie du budget de l’état pour financer la culture soit directement investie par les mécènes grâce à un système de défiscalisation. Les utopistes iront sans doute jusqu’à présumer que ce n’est qu’une question de temps pour imposer un modèle importé des Etats-Unis ; il suffirait de quelques centaines d’années pour que la défiance envers le pouvoir central et l’état, qui est un facteur de développement et de responsabilisation des entreprises aux USA, devienne aussi une tradition française.

D’après Yves Martel le marché de l’emploi artistique en France et aux Etats-Unis, rapporté à la taille des deux pays, est à peu près équivalent (2,1 millions d’artistes qui travaillent aux USA contre 440.000 en France) Le secteur culturel non-marchand est pris en charge par une multitude d’industries privées et d’associations, à buts non lucratifs et reconnus d’utilités publiques. Ces organismes s’appuient sur la philanthropie et le soutien fiscal du gouvernement fédéral sous forme de déductions fiscal pour les institutions concernées. Ce secteur représente 8,5% du PIB américain et 9,3% de la population active. Le montant de la dépense fiscale dans le domaine de la culture, a été évalué globalement à 6 milliards de dollars en 2003.

Le rapport sur le mécénat en France de l’ADMICAL est paru le 10 octobre. Des bonnes nouvelles ? Les entreprises françaises profitent-elle des exonérations fiscales pour financer des projets culturels ? Aie ! L’année 2010 est marqué par l’effondrement des budgets consacrés à la culture. Cette année, la part de la culture dans le mécénat est tombée à 19% (380 millions €) pour 39% (995 millions €) en 2008 alors que le nombre d’entreprises mécènes ne cessent de croître. Le rapport sur le mécénat en France de l’ADMICAL est paru le 10 octobre. Des bonnes nouvelles ? Les entreprises françaises profitent-elles des exonérations fiscales pour financer des projets culturels ? Aie ! L’année 2010 est marquée par l’effondrement des budgets consacrés à la culture. Cette année, la part de la culture dans le mécénat est tombée à 19% (380 millions €) pour 39% (995 millions €) en 2008 alors que le nombre d’entreprises mécènes ne cessent de croître. D’après le même rapport, le premier facteur de cette chute est la quête de résultats rapides des entreprises, souvent incompatible avec les mécénats culturels qui nécessitent un soutien sur le long terme. Facteur d’aggravement, le mécénat d’entreprise est de plus en plus local, ce qui exclus du même coup les projets internationaux ou nationaux. Formaté comme un bon powerpoint chargé de noyé le poisson, le rapport de l’ADMICAL manque singulièrement de détails. Les grands travaux ( Vinci a donné 12 M € pour la rénovation de la galerie des glaces à Versailles ), ceux à venir ( 238 M € pour le Grand Palais ) seront-ils les seuls à bénéficier du mécénat ? Que restera t-il pour les projets culturels modestes que les collectivités locales et les institutions ne peuvent plus financer ? Le rapport de l’ADMICAL pointe une autre dérive : le mécénat culturel traditionnel est progressivement remplacé par du mécénat croisé, où la culture est combinée avec des actions sociales, éducatives ou sportives, dans une optique de diffusion et d’accès à la pratique. Ces différents facteurs montre que le désintérêt croissant pour la culture par le mécénat en France n’est pas conjoncturel. La crise économique qui joue un rôle sur la globalité des dépenses de mécénat et de communication des entreprises (les dépenses en communication ont baissé de 9% en 2010) n’est qu’un facteur supplémentaire d’amaigrissement des budgets.

En France, le libéralisme économique est myope. Un système qui fonctionne parfaitement aux USA devient alors une idéologie sans fondements.

le point de vue du ministère de la culture